Le cloud a-t-il vraiment supprimé le besoin d’infrastructure informatique ?

PERSPECTIVES #006 — EMATRiX Nova
Entreprise & Informatique
Il y a encore quelques années, parler d’infrastructure informatique évoquait presque immédiatement une image très physique : des serveurs installés dans une salle dédiée, des équipements réseau, des baies de stockage, des systèmes de sauvegarde, des logiciels installés sur les postes de travail et, pour les organisations les plus importantes, une équipe chargée d’administrer l’ensemble. Le développement du cloud a profondément transformé cette représentation. Une entreprise peut désormais utiliser une messagerie professionnelle sans exploiter son propre serveur de messagerie, stocker plusieurs téraoctets de données sans posséder de baie de stockage, utiliser un logiciel de gestion sans installer l’application dans ses locaux, organiser des visioconférences sans disposer d’une infrastructure spécialisée et augmenter certaines ressources informatiques en quelques minutes sans acheter immédiatement de nouveaux équipements.
Pour les petites et moyennes entreprises, cette évolution est considérable. Des capacités autrefois associées aux grandes organisations sont devenues accessibles sous forme de services, généralement facturés par abonnement et disponibles depuis presque n’importe quel lieu disposant d’une connexion suffisante. Cette transformation peut donner naissance à une conclusion séduisante : si les applications, les données et une partie croissante des capacités informatiques se trouvent désormais dans le cloud, l’entreprise a-t-elle encore besoin de se préoccuper de son infrastructure informatique ? La réponse dépend largement de ce que nous appelons infrastructure.
Si celle-ci désigne uniquement les serveurs physiquement installés dans les locaux de l’entreprise, alors le cloud peut effectivement en supprimer une part importante. Mais si l’infrastructure informatique désigne l’ensemble des fondations nécessaires au fonctionnement des services informatiques de l’organisation, le constat est très différent. Le cloud n’a pas supprimé l’infrastructure informatique. Il en a déplacé les frontières.
De la propriété de l’infrastructure à la consommation de services
Le changement introduit par le cloud ne réside pas uniquement dans la localisation des serveurs. Il modifie également la manière dont les capacités informatiques sont acquises et exploitées. Dans un modèle traditionnel, une entreprise souhaitant disposer d’une nouvelle application pouvait devoir acheter un serveur, installer un système d’exploitation, configurer le stockage, déployer le logiciel, organiser les sauvegardes puis maintenir l’ensemble pendant plusieurs années. Une augmentation importante du nombre d’utilisateurs ou du volume de données pouvait nécessiter de nouveaux investissements matériels.
Le cloud permet de transformer une partie de cette logique. L’entreprise peut consommer directement un service dont une grande partie de l’infrastructure sous-jacente est administrée par un fournisseur spécialisé. La messagerie devient un service. Le stockage devient un service. La puissance de calcul devient un service. Les applications métiers deviennent des services. Certaines capacités de cybersécurité, d’analyse de données ou d’intelligence artificielle deviennent également accessibles de cette manière. L’entreprise n’a donc plus nécessairement besoin de posséder physiquement l’ensemble des ressources qu’elle utilise.
Cette évolution constitue l’un des changements les plus importants de l’histoire récente de l’informatique professionnelle. Mais ne pas posséder une infrastructure ne signifie pas ne plus dépendre d’une infrastructure. La différence est essentielle. Une partie des responsabilités techniques est transférée à des fournisseurs. D’autres responsabilités restent entre les mains de l’entreprise. Et de nouvelles responsabilités apparaissent précisément parce que les systèmes deviennent plus distribués.
Le serveur disparaît du bureau, pas du système
Lorsqu’une entreprise migre une application vers le cloud, le serveur qui l’héberge ne disparaît évidemment pas. Il se trouve ailleurs. Il appartient éventuellement à un fournisseur de cloud, à un éditeur de logiciel ou à l’un de leurs prestataires. Il peut être virtualisé, réparti entre plusieurs machines ou distribué entre plusieurs centres de données. Pour l’utilisateur, cette complexité devient largement invisible. C’est précisément l’un des avantages du cloud.
L’entreprise n’a plus besoin de connaître l’emplacement exact d’un serveur pour utiliser le service qu’il fournit. Elle peut se concentrer davantage sur l’usage et moins sur l’exploitation de l’infrastructure physique. Mais cette abstraction peut parfois créer l’impression que l’infrastructure elle-même n’existe plus. En réalité, elle continue d’exister et reste soumise à des contraintes très concrètes : capacité, disponibilité, énergie, connectivité, maintenance, sécurité physique, redondance, localisation des données et continuité de service.
Le cloud ne dématérialise donc pas réellement l’informatique. Il abstrait une partie de sa matérialité pour l’utilisateur. Cette distinction devient importante lorsqu’une entreprise doit comprendre ses dépendances.
Le poste de travail reste une infrastructure
Même lorsque l’ensemble des applications principales fonctionne dans le cloud, les collaborateurs ont toujours besoin d’un moyen d’y accéder. Ordinateurs portables, postes fixes, smartphones, tablettes, écrans, imprimantes et parfois équipements métiers spécialisés continuent de constituer l’environnement physique de l’utilisateur. Ces équipements doivent être achetés, configurés, sécurisés, entretenus puis remplacés. Ils doivent également être administrés.
Un ordinateur donnant accès aux applications cloud de l’entreprise constitue potentiellement une porte d’entrée vers ses données. Un smartphone utilisé pour consulter une messagerie professionnelle participe lui aussi au périmètre informatique. Un équipement perdu, compromis ou insuffisamment protégé peut créer un risque même si aucun serveur n’est présent dans les locaux. Le déplacement des applications vers le cloud ne supprime donc pas la nécessité de maîtriser les terminaux. Il peut même augmenter l’importance de cette maîtrise, puisque les utilisateurs peuvent désormais accéder aux ressources de l’entreprise depuis davantage de lieux et de réseaux différents. La question de l’infrastructure se déplace alors du simple serveur vers l’ensemble de la chaîne d’accès au service.
Sans connectivité, le cloud redevient très lointain
Le cloud possède une dépendance particulièrement évidente : le réseau. Une application installée sur un serveur local peut, selon son architecture, rester accessible à l’intérieur de l’entreprise même lorsqu’une connexion Internet externe devient indisponible. Une application entièrement consommée à distance dépend beaucoup plus directement de la connectivité. Cette réalité est particulièrement importante pour les organisations opérant dans des environnements où la qualité du réseau peut varier.
Une entreprise peut disposer d’excellents services cloud et néanmoins être incapable de les utiliser si sa connexion principale est interrompue. La connectivité devient donc une composante de l’infrastructure informatique avec une importance nouvelle. La question n’est plus seulement de savoir quelle vitesse de connexion est disponible. Il faut également considérer sa fiabilité, sa latence, sa capacité, son coût et, lorsque l’activité le justifie, les mécanismes de redondance.
Une organisation fortement dépendante du cloud peut ainsi avoir intérêt à disposer de plusieurs moyens de connexion suffisamment indépendants pour éviter qu’une seule défaillance interrompe l’ensemble de ses opérations. Le paradoxe est intéressant : plus l’informatique quitte physiquement l’entreprise, plus la qualité de la connexion qui relie l’entreprise à cette informatique devient stratégique. Le cloud ne supprime donc pas l’infrastructure réseau. Il augmente souvent son importance.
L’identité devient une nouvelle frontière de l’infrastructure
Dans un environnement traditionnel, la sécurité pouvait être largement pensée autour du réseau local. Les systèmes se trouvaient dans les locaux. Les utilisateurs se connectaient depuis des postes identifiés. Une partie importante du contrôle pouvait être organisée autour du périmètre physique de l’entreprise. Le cloud bouleverse cette logique. Un collaborateur peut se connecter depuis son bureau, son domicile, un déplacement professionnel ou un smartphone. Les applications qu’il utilise peuvent être hébergées chez plusieurs fournisseurs différents. Les données peuvent circuler entre plusieurs services.
Dans ce contexte, l’identité de l’utilisateur devient progressivement l’un des principaux points de contrôle.
- Qui est cette personne ?
- Est-elle réellement celle qu’elle prétend être ?
- À quelles applications peut-elle accéder ?
- À quelles données ?
- Depuis quel équipement ?
- Pendant combien de temps ?
- Que se passe-t-il lorsqu’elle change de fonction ?
- Que se passe-t-il lorsqu’elle quitte l’entreprise ?
Ces questions existaient avant le cloud. Elles deviennent néanmoins beaucoup plus importantes lorsque le système informatique ne possède plus un périmètre physique clairement identifiable. L’administration des identités, des authentifications et des droits d’accès devient ainsi une composante fondamentale de l’infrastructure moderne. Le serveur est peut-être moins visible. L’identité, elle, devient infrastructure.
Les applications cloud peuvent elles aussi créer de la fragmentation
La facilité avec laquelle de nouveaux services cloud peuvent être adoptés représente à la fois une force et un risque. Autrefois, déployer une nouvelle application pouvait nécessiter un projet informatique relativement important. Aujourd’hui, un responsable peut parfois souscrire à un service en quelques minutes avec une carte bancaire et inviter immédiatement plusieurs collaborateurs. Cette simplicité accélère considérablement l’innovation. Mais elle facilite également l’accumulation.
Une entreprise peut progressivement utiliser une solution pour la messagerie, une autre pour le stockage, une autre pour la gestion des tâches, une autre pour les clients, une autre pour la facturation, plusieurs services d’intelligence artificielle et différentes applications spécialisées. Chacun de ces outils fonctionne dans le cloud. Pourtant, l’entreprise peut retrouver exactement le problème évoqué dans Perspectives #001 : elle possède de nombreux outils, mais pas nécessairement un système cohérent. Le cloud ne résout donc pas automatiquement la fragmentation informatique. Il peut même accélérer la fragmentation lorsqu’il devient extrêmement simple d’ajouter de nouvelles applications sans architecture d’ensemble.
La question de l’intégration reste entière : comment les données circulent-elles ? Quelle application constitue la référence ? Comment les utilisateurs sont-ils administrés ? Comment les accès sont-ils retirés ? Comment éviter les doubles saisies ? Comment récupérer les données lorsqu’un service doit être remplacé ? L’infrastructure cloud exige donc elle aussi une architecture.
La responsabilité ne disparaît pas avec l’externalisation
Lorsqu’une entreprise confie une partie de son infrastructure à un fournisseur, certaines responsabilités sont transférées. Le fournisseur peut être responsable de la disponibilité physique des serveurs, de la maintenance de certains composants, de la sécurité de ses centres de données ou du fonctionnement de la plateforme. Mais cela ne signifie pas que la responsabilité informatique de l’entreprise disparaît. Le fournisseur peut sécuriser son infrastructure sans pouvoir empêcher un collaborateur de choisir un mot de passe insuffisant lorsque les mécanismes appropriés ne sont pas imposés.
- Il peut assurer la disponibilité d’une application sans garantir que les données saisies par l’entreprise sont correctes.
- Il peut proposer des mécanismes de sauvegarde sans déterminer à la place du client la durée pendant laquelle certaines informations doivent être conservées.
- Il peut mettre à disposition des contrôles d’accès sans savoir quels collaborateurs doivent avoir accès à quelles données.
- Il peut offrir une excellente infrastructure tout en laissant à l’entreprise la responsabilité de configurer correctement ses propres services.
Cette répartition est parfois décrite comme un partage de responsabilité. Elle rappelle surtout une réalité essentielle : externaliser l’exploitation d’une technologie ne signifie pas externaliser la gouvernance de son utilisation. L’entreprise reste responsable de comprendre ce dont elle dépend.
Le cloud introduit également une infrastructure contractuelle
Dans un environnement fortement basé sur les services cloud, une nouvelle forme de dépendance apparaît : la relation avec les fournisseurs. L’entreprise ne dépend plus seulement de machines et de logiciels. Elle dépend également de contrats, d’abonnements, de niveaux de service, de politiques tarifaires et de conditions d’utilisation.
- Que se passe-t-il si le fournisseur augmente significativement ses prix ?
- Comment les données peuvent-elles être récupérées ?
- Dans quel format ?
- Combien de temps faut-il pour migrer vers une autre solution ?
- Le service fonctionne-t-il dans toutes les zones géographiques où l’entreprise souhaite se développer ?
- Quelles garanties de disponibilité sont proposées ?
- Où les données sont-elles traitées ?
- Quelles sont les conditions de résiliation ?
Ces questions font désormais partie de l’architecture informatique. Une solution techniquement excellente peut devenir une dépendance importante si l’entreprise ne possède aucune stratégie permettant d’en sortir. Cela ne signifie pas qu’il faut éviter les fournisseurs ou rechercher systématiquement une autonomie complète. Une telle stratégie serait souvent coûteuse et inefficace. Il faut plutôt connaître les dépendances acceptées et les choisir consciemment. La maîtrise informatique ne signifie pas tout posséder. Elle signifie comprendre ce que l’on contrôle, ce que l’on délègue et ce dont on dépend.
La localisation des données redevient une question stratégique
Le cloud permet à l’utilisateur de ne plus se préoccuper quotidiennement de l’emplacement physique de ses données. Pourtant, cet emplacement peut conserver une importance juridique, économique et stratégique. Selon la nature des informations traitées, certaines organisations doivent connaître les juridictions dans lesquelles leurs données sont hébergées ou accessibles. Certaines activités peuvent être soumises à des exigences particulières. Certains secteurs peuvent nécessiter davantage de contrôle.
Au-delà de la réglementation, la localisation soulève également des questions de souveraineté, de dépendance technologique et de continuité. Pour les entreprises africaines, ces questions prendront probablement une importance croissante à mesure que l’usage du cloud progressera et que davantage d’activités essentielles dépendront d’infrastructures exploitées à l’extérieur de leur territoire. L’enjeu ne consiste pas nécessairement à considérer toute infrastructure extérieure comme problématique. Il consiste à développer la capacité de choisir consciemment où et comment certaines ressources doivent être hébergées.
Une architecture moderne peut parfaitement combiner plusieurs modèles : services cloud internationaux, infrastructures régionales, ressources locales et systèmes spécialisés. La question n’est plus de choisir idéologiquement entre « cloud » et « local ». Elle consiste à déterminer quelle combinaison offre le meilleur équilibre entre performance, coût, résilience, sécurité, contrôle et évolutivité.
Le futur est probablement hybride
L’idée selon laquelle toutes les entreprises finiraient par déplacer absolument toutes leurs ressources dans un cloud public unique est probablement trop simplificatrice. Certaines charges de travail sont particulièrement adaptées au cloud. D’autres peuvent nécessiter davantage de proximité, de contrôle, de performance locale ou de fonctionnement indépendant de la connectivité. L’essor de l’edge computing renforce cette logique. Des capacités de calcul peuvent être rapprochées des utilisateurs, des machines, des magasins, des sites industriels ou des équipements qui produisent les données. Certaines opérations peuvent être réalisées localement tandis que d’autres utilisent des ressources cloud.
Le système informatique devient alors distribué entre plusieurs niveaux.
- Terminaux.
- Edge.
- Infrastructure locale.
- Cloud régional.
- Cloud public.
- Services spécialisés.
La question stratégique n’est donc probablement pas de savoir si l’infrastructure sera « dans le cloud » ou « dans l’entreprise ». Elle consiste à savoir où chaque fonction doit être exécutée pour produire le meilleur résultat. Cette évolution rend l’architecture encore plus importante. Plus les possibilités de déploiement augmentent, plus l’entreprise doit comprendre ses besoins pour choisir correctement.
Le coût change de forme
Le cloud a également profondément modifié l’économie de l’informatique. L’achat initial de certains équipements peut être remplacé par des abonnements mensuels ou annuels. Cette évolution réduit parfois les investissements initiaux et permet d’adapter plus facilement certaines capacités à la croissance de l’entreprise. Mais elle transforme également les coûts fixes en dépenses récurrentes. Une application à quelques milliers de francs par utilisateur et par mois peut sembler très accessible. Multipliée par plusieurs dizaines d’utilisateurs, plusieurs applications et plusieurs années, elle représente un engagement significatif.
Les ressources cloud techniques peuvent également générer des coûts variables difficiles à anticiper lorsqu’elles sont mal administrées. La facilité d’achat peut donc masquer progressivement le coût total du système. Une gouvernance moderne de l’infrastructure doit ainsi inclure la maîtrise des abonnements, des licences, des capacités consommées et des services inutilisés. Le cloud simplifie l’acquisition. Il ne supprime pas la nécessité de piloter économiquement l’informatique.
La continuité d’activité reste une responsabilité de l’entreprise
Un fournisseur cloud peut disposer d’infrastructures extrêmement résilientes. Cela constitue l’un des avantages majeurs de ce modèle. Mais la continuité d’activité d’une entreprise dépend rarement d’un seul composant.
- Un service cloud peut fonctionner parfaitement tandis que la connexion Internet locale est indisponible.
- L’application peut être accessible tandis que les identifiants d’un utilisateur sont compromis.
- Les données peuvent être disponibles tandis qu’une erreur humaine les a supprimées ou modifiées.
- Plusieurs applications peuvent fonctionner indépendamment mais devenir inutilisables parce qu’une intégration essentielle est interrompue.
La résilience doit donc être pensée de bout en bout. Elle implique les fournisseurs, mais également les terminaux, la connectivité, les identités, les sauvegardes, les procédures et les personnes. Une architecture cloud ne dispense pas l’entreprise de se demander : De quoi dépend réellement notre activité et que se passe-t-il lorsque l’un de ces éléments devient indisponible ? Cette question reste probablement l’une des plus importantes de toute stratégie d’infrastructure.
Une infrastructure moins visible, mais plus stratégique
Le cloud possède finalement une caractéristique paradoxale. Il rend l’infrastructure informatique beaucoup moins visible pour l’utilisateur, au moment même où l’entreprise en devient parfois plus dépendante.
- Le serveur n’est plus dans la pièce voisine.
- L’application n’est plus nécessairement installée sur l’ordinateur.
- La donnée peut être stockée à des milliers de kilomètres.
- L’utilisateur clique simplement sur une icône et le service apparaît.
Cette simplicité est une réussite technologique remarquable. Mais elle ne doit pas conduire à confondre invisibilité et inexistence. Derrière cette simplicité se trouve une chaîne complexe d’équipements, de réseaux, de logiciels, d’identités, de fournisseurs, de contrats, de centres de données et de mécanismes de sécurité. L’entreprise n’a plus nécessairement à administrer chacun de ces éléments. Elle doit néanmoins comprendre les dépendances critiques qui en résultent.
Du cloud à l’architecture distribuée
Dans les précédents articles de Perspectives, nous avons progressivement défendu plusieurs idées : un système informatique vaut davantage que l’accumulation de ses outils ; la technologie doit être adaptée aux réalités dans lesquelles elle sera utilisée ; l’informatique devient une infrastructure stratégique ; la transformation doit commencer par l’entreprise avant de commencer par la technologie ; et l’intelligence artificielle dépend de la qualité des fondations qui l’accueillent. Le cloud s’inscrit directement dans cette logique. Il constitue l’un des outils les plus puissants dont disposent aujourd’hui les entreprises pour accéder rapidement à des capacités informatiques évolutives. Mais il ne dispense pas de penser le système. Il déplace certaines responsabilités, en simplifie d’autres et crée de nouvelles dépendances.
Chez EMATRiX Nova, nous considérons donc que la question pertinente n’est pas de savoir si une entreprise doit être « dans le cloud » ou « hors du cloud ». La véritable question est de déterminer quelle architecture lui permet d’obtenir le meilleur équilibre entre accessibilité, performance, sécurité, résilience, coût, évolutivité et maîtrise. Selon les besoins, cette architecture peut être largement cloud, partiellement locale, hybride ou progressivement distribuée jusqu’à l’edge. Ce qui compte n’est pas l’idéologie technologique. C’est la cohérence du système.
Le cloud n’a donc pas supprimé le besoin d’infrastructure informatique. Il nous oblige simplement à comprendre que l’infrastructure moderne ne correspond plus nécessairement à ce que nous pouvons voir ou toucher dans les locaux de l’entreprise. Elle s’étend désormais des équipements utilisés par les collaborateurs jusqu’aux services distants, en passant par la connectivité, les identités, les données et les mécanismes qui permettent à l’ensemble de fonctionner. L’infrastructure n’a pas disparu. Elle est devenue distribuée. Et savoir la maîtriser pourrait devenir l’une des compétences informatiques les plus importantes de l’entreprise moderne.
PERSPECTIVES — EMATRiX Nova
Analyses, technologies et transformations de l’entreprise africaine.
Au-delà de la technologie.

